Le développement économique de Châteauroux Il y a tant de choses à faire, qu’attend-on?
Par Manuel Flam • 17 avr, 2009 • Catégorie: Editorial •
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Les responsables politiques de la Ville et du Conseil Général veulent-ils vraiment développer l’économie du département en général, et de Châteauroux en particulier ?
L’inaction et l’absence d’initiatives semblent être la marque de fabrique de la politique municipale en la matière.
On peut se poser la question sérieusement : ont-il comme objectif d’organiser le lent déclin de la Ville et laisser filer sans réagir les emplois et les industries?
A cet égard, la gestion du départ du 517ème par la droite locale est l’exemple parfait d’une série d’échecs, qui combinée à de fausses promesses, laissent encore une fois Châteauroux sur la touche.
Retour sur le 517ème :
1ère étape : Châteauroux dépose les armes avant même de combattre.
En Moselle, les conseils municipaux des 128 communes de l’arrondissement de Château-Salins (Moselle), principalement UMP, démissionnent le 16 juillet 2008 pour protester contre le départ du 13e régiment de dragons parachutistes de Dieuze. Parallèlement une grève administrative est menée par tous les élus, qui refusent de faire remonter le moindre document à l’administration centrale.
A Châteauroux, le maire se déclare fataliste. On apprend même au détour d’un article de la Nouvelle République qu’il était au courant depuis deux mois… aucunes protestations, aucune action concertée avec les élus de gauche, qui pourtant en avaient fait la demande, n’est jugé nécessaires. Tout était déjà perdu.
Moralité, lors de l’annonce le 16 juillet par François Fillon des mesures de compensations pour les villes qui perdent des militaires :
- Dieuze, ville de 3 608 habitants, bénéficie, pour compenser le départ des effectifs du 13e RDP, d’un un contrat de site avec une aide financière de 10 millions d’euros…. ET du remplacement du régiment par une école militaire de 1000 à 1200 élèves et de 350 formateurs !!!
- Châteauroux, ville de 49 600 habitants, bénéficie de l’aide de 10 millions d’euros accordée à tous…et puis c’est tout !
2ème étape : quand la droite locale nous explique sans rire que les 10 millions d’euros accordés vont vraiment permette de compenser le départ des militaires.
Jean-François Mayet, président de la CAC, déclare ensuite qu’avec les 10 millions d’euros accordées à toutes les villes qui perdent des militaires, « il va pouvoir faire d’Ozan une vitrine industrielle en matière de développement durable, qu’il va installer le très haut débit dans tout le département et qu’il va développer l’activité aéroportuaire. »
Rappelons d’abord qu’avec 1500 familles quittant notre territoire, c’est plus de 37 millions d’euros de salaires par an qui ne viendront plus irriguer l’économie locale. Ce départ engendrera la fermeture, dans nos communes, d’au moins 20 classes. Combien de fournisseurs, de sous-traitant, de commerçants se trouveront alors en difficulté, voire disparaîtront à leur tour, entraînant une nouvelle chute de revenu ?
Les 10 millions d’euros obtenus compenseront le départ des militaires du 517ème pendant…trois mois. Et après ? Après, c’est une perte nette pour Châteauroux et pour l’Indre !
S’agissant de la plaine d’Ozan, le projet du maire est d’y construire des usines à risques (type Seveso) : qu’on nous explique comment ce projet peut devenir la « vitrine du développement durable » ? Et on nous avait dit que l’argent avait déjà été mobilisé pour développer cette zone… Et puis enfin, qu’attend-on pour la développer cette zone si c’est vraiment une priorité ? Aux dernières nouvelles, il n’y a que des champs sur la plaine d’Ozan auourd’hui !
S’agissant de l’activité aéroportuaire, il faut rappeler les faits : le Conseil Régional ne cesse de débloquer des subventions pour développer l’aéroport, alors que la Ville et le Conseil Général renâclent à investir (voir article suivant). Au nom d’une gestion de bon père de famille, qui consiste à placer dans un bas de laine l’argent public, on n’investit pas dans les projets structurants pour la Ville.
Proposition : le site de La Martinerie, qui est déjà aménagé, sera bientôt désert. Profitons de cet espace à disposition pour y placer une zone industrielle. Les 10 millions d’euros devraient servir à cela, plutôt que d’être ventilés sur des projets déjà en cours !
3ème étape : quand la droite gouvernementale se rend bien compte de la situation catastrophique dans laquelle elle a plongée Châteauroux – l’idée des zones franches où les entreprises ne paieraient plus la Taxe Professionnelle…
Certainement conscient que le départ non compensé des militaires allait plonger l’Indre dans une situation catastrophique, Hubert Falco secrétaire d’État chargé de l’aménagement du territoire, décide de la mise en place de 71 zones franches dans l’Indre.
Ce que cela signifie concrètement au plan économique ?
Chaque entreprise qui s’implantera dans une de ces communes au cours des trois prochaines années bénéficiera durant cinq ans de mesures fiscales particulières et, si les communes l’acceptent, les entreprises pourront également être exonérées de taxe professionnelle.
Dans le paquet-cadeau d’Hubert Falco il y avait aussi une mesure destinée aux entreprises de moins de dix salariés de Déols, Diors, Étrechet et Montierchaume : elles vont profiter trois ans durant de crédit sur la taxe professionnelle à hauteur de 500 € par an et par employé !
Que penser de ces mesures ?
- Elles sont bonnes si et seulement si les avantages fiscaux profitent à de nouvelles entreprises qui viennent s’implanter sur le territoire pour profiter de la zone franche et non à des entreprises déjà présentes dans ces zones. Dans ce cas, ce n’est qu’un cadeau fiscal de plus aux entreprises qui sont déjà là et ça ne permet pas de relancer le développement des zones.
- Elles reposent essentiellement sur des exonérations de Taxe Professionnelle.
4ème étape : quand Nicolas Sarkozy tue lui-même les zones franches d’Hubert Falco en décidant de supprimer la Taxe Professionnelle.
Les propositions d’Huber Falco reposent essentiellement sur des exonérations de Taxe Professionnelle (voir plus haut).
Or dans son intervention télévisée qui a suivi la Grande Manifestation du 29 janvier, le Chef de l’Etat annonce la suppression de la Taxe Professionnelle pour 2010 : et PATATRAS, c’est toute la France qui va bénéficier des exonérations d’Hubert Falco, et donc que l’Indre ne présentera pas du tout les avantages mentionnés…
Avec un peu de recul, on découvre en fait que dans le paquet cadeau d’Hubert Falco pour l’Indre, il y avait bien le paquet, et pas le cadeau !
Conclusion :
- le départ des militaires est une catastrophe économique
- la élus de droite n’ont obtenu aucune compensation raisonnable
- le Gouvernement a fait de fausses annonces pour faire passer la pilule
- aucune solution d’avenir n’a été trouvé.
…triste bilan.
Manuel Flam est
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L’inertie de la droite locale, son absence de stratégie de développement, sont un comportement criminel vis à vis de la vie de notre département.
Et en plus ils sont contents d’eux avec leurs 10 Md’€ de compensation…. et Ozans? Pourquoi ne nous dit -on pas quelles entreprises viendraient (et c’est même pas sûr!) sur une zone pas encore prête? Alors annoncer 5000 emplois en 10 ans, c’est prendre les citoyens pour des imbéciles mais la droite locale nous avait déjà fait ce genre de promesses fumeuses.
Ils ne misent pas un rond sur l’aéroport, alors heureusement que la région centre (de gauche!!!) y investit et nous aide.
Quand un territooire ne peu pas compter sur ses élus locaux, c’est qu’il faut en changer….. il y a urgence!
S’agissant de la survie économique de notre territoire, l’absence de stratégie globale manifestée par la majorité de droite est, à bien des égards, répréhensible et il faut espérer que l’électeur castelroussin saura sanctionner les errements de ces hommes politiques dont l’incompétence n’a d’égale que l’immoralité.
Car ces élus font effectivement preuve de bien peu de sens moral lorsque s’adressant aux futurs licenciés des sites de Mead emballages, d’Eurostyle ou de Rencast, ils leurs promettent un reclassement aisé, et ce, grâce aux 5.000 emplois dont devrait être pourvoyeuse la nouvelle zone d’acitivité d’Ozans.
Pour ma part, je crois qu’il y a beaucoup d’indécence à jouer ainsi avec le désarroi et la détresse des salariés mais il est vrai que pour la Droite tous les moyens sont bons pour autant qu’ils soient politiquement efficaces.