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Café politique du samedi 16 mai 2009 « Les salariés face à la crise, la parole aux victimes des licenciements dans l’Indre ».

Par Huges Fonty • 22 mai, 2009 • Catégorie: Actualités, Congrés, Les Brèves, RipostesImprimer cet article Imprimer cet article

Pour le troisième café politique organisé par la section de Châteauroux au bar Le Théâtre, nous avions retenu le thème de débat suivant : « Les salariés face à la crise, la parole aux victimes des licenciements dans l’Indre ».

L’idée de ce sujet était à la fois de coller à l’actualité et à la réalité de cette crise, qui touche si durement les français. Nous voulions non seulement comprendre comment la crise se traduisait localement, mais nous voulions aussi, et surtout, donner la parole aux salariés, licenciés ou menacés, pour connaître leur vécu, leur sentiment.

Les témoignages de Michel Defradat, délégué syndical chez MEAD Emballages, d’Annie Bourdin, Vincent Leray et Eddy Bessa, personnels licenciés d’Eurostyle ont été à ce titre extrêmement enrichissants.

Avant d’être enrichissants, ils ont d’abord été émouvants car ils nous ont mis en prise directe avec plus que les difficultés de salariés, avec une vraie souffrance.

Même si les situations des deux entreprises sont différentes, le mépris avec lequel sont traités les salariés est identique, et c’est ce qui nous a interpellé en premier lieu.

Concernant MEAD Emballages, et même si Michel pourra vous renseigner beaucoup plus précisément sur le sujet, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il s’agit une entreprise qui ne connaît pas la crise : elle est en effet bénéficiaire pour 2008, dispose d’un grand savoir faire et ses difficultés seraient plutôt liées à des questions d’organisation.

Face à cela, une direction dont les actes et les discours ne sont que provocation vis-à-vis du personnel.

Des exemples ?

Le projet alternatif à celui de la direction (- 94 emplois) présenté par les élus du personnel et reconnu comme intéressant et économiquement viable par la direction a été balayé d’un revers de main.

Ce projet alternatif a pourtant été élaboré avec des experts par des élus syndicaux conscients de la réalité et des difficultés, il prévoyait même des licenciements !

Des paroles très dures tenues par la direction néerlandaise à des salariés présents dans l’entreprise depuis plus de 30 ans.

Tout investissement sur le site est soumis à un chantage ignoble à l’emploi avec remise en cause de 42 ans d’acquis sociaux.

On se rend compte, en résumé, que la volonté de la direction de MEAD n’est pas de sauver le site de Châteauroux. Au contraire, la multiplication des provocations autant verbales que factuelles n’a pour but que de faire dégénérer la situation dans un climat que Michel nous a décrit comme explosif.

Voir l’article paru le 22 Mai sur La Nouvelle République

Chez Eurostyle, la situation est différente puisque l’usine risquait à l’époque la liquidation judiciaire, c’est-à-dire une disparition pure et simple. Il fallait donc trouver un repreneur avec malheureusement la certitude de nombreux licenciements.

C’est aujourd’hui une réalité, puisque 250 salariés ont perdu leur emploi.

Ce qui a été frappant dans ce que nous ont dit les trois salariés licenciés, c’est qu’ils ont le sentiment d’avoir été bernés (trop gentils nous ont – ils dit) malgré une lutte très digne, j’en veux pour preuve toutes les manifestations (concert, expo,…) organisées pour faire connaître leur mouvement.

Ce sont les conditions de mise en œuvre de ce plan de reprise qui montrent le manque de respect pour les salariés victimes de licenciements : irrégularités, erreur dans l’envoi des lettres de licenciement, propos vexatoires à l’encontre des licenciés, difficultés à rencontrer un interlocuteur.

C’est ce dernier point qui doit attirer notre attention car qui est l’interlocuteur dans cette affaire ? L’Etat, dans le cadre du redressement judiciaire, a payé les indemnités de licenciement, on aurait donc pu attendre de lui une autre attitude.

Quand l’Etat paye, il doit exercer un contrôle et exiger que les choses se passent régulièrement et avec un minimum de considération vis-à-vis de ceux qui perdent leur emploi.

Ces deux exemples conduisent donc à deux observations sur la situation locale dont on comprend aisément qu’elle est à l’image de ce qu’on a pu voir au niveau national.

Premièrement, le mépris dont font l’objet les vraies victimes de la crise : les salariés.

Il faut le dire clairement : le comportement des directions de ces grands groupes est inacceptable. Ce sont des actes d’une violence inouïe pour des salariés qui se sont longtemps investis. Il ne faut dès lors pas s’étonner de voir quelques débordements. S’émouvoir d’abord du sort des patrons « séquestrés » (le mot est fort !) comme le fait MEDEF, le gouvernement et Nicolas Sarkozy, c’est montrer bien peu de considération pour les vraies victimes de la crise. Ce ne sont en tous cas pas ni les dirigeants ni les actionnaires de ces boites !

Et François Fillon prétend que le dialogue social est vivant dans notre pays ? Il se moque de nous.

Deuxièmement, c’est bien le comportement et les actes de l’Etat-UMP qui doit être dénoncé !

Des milliards pour les banques sans aucune contrepartie et aucun contrôle.

Un plan de relance pour l’automobile (les milliards pour Renault et PSA) dont les sous – traitants ne voient pas la couleur.

Des promesses non tenues : « Je sauverai le site de Caterpillar (ou Gandgrange plutôt ?) » avait pourtant dit N. Sarkozy.

Et que dire de l’attitude de M Mayet à propos d’Eurostyle qui s’il n’avait pas été sollicité, n’aurait pas levé le petit doigt considérant que l’entreprise était morte et qu’il suffirait d’en trouver une autre.

Alors face à ces patrons voyous qui se croient tout permis depuis que l’UMP (Union pour un Mouvement Patronal) est au pouvoir, face à un gouvernement inefficace et dont les salariés ne doivent rien espérer, face à nos élus locaux de droite qui ne font rien ou pas grand-chose pour défendre les acquis , que devons nous faire et que devrait faire un gouvernement de Gauche ?

Il ne s’agit pas ici d’élaborer de nouvelles théories économiques pour le PS (Parti des Salariés) mais on peut au moins considérer qu’un contrôle des licenciements dans les entreprises en bonne santé et un contrôle de l’utilisation des aides publiques doit être mis en place.

Face à la remise en cause du code du travail qui n’a pour résultat que de précariser l’emploi et le salarié, face à la remise en cause des acquis sociaux, il faut réaffirmer le bien fondé et l’efficacité du CDI.

Ce qu’il faut viser, ce ne sont pas le maximum de profits pour quelques – uns mais le bien être du plus grand nombre avec un salaire digne et un emploi stable et pas précaire.

Localement, il faut une autre stratégie économique : ne pas laisser partir les entreprises qui sont là (comme Auga par exemple) et investir bien plus activement dans les secteurs porteurs comme l’aéronautique et le développement de nouvelles filières autour de l’environnement (et certainement pas les usines Seveso de la zone d’Ozan).

Il faut en outre arrêter de faire des promesses fumeuses du style 5000 emplois en dix ans à Ozan ou l’arrivée d’une usine chinoise avec 300 emplois à la clé : c’est là un discours classique servi par la droite locale et dont on ne voit jamais la réalité.

La réalité c’est l’inefficacité économique de la droite qui n’investit pas dans l’aéroport au contraire de la région Centre de Gauche qui croit dans ce secteur porteur d’avenir sans pour autant tenir un discours démagogique sur le futur nombre d’emplois.

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