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Les élections régionales

Par • 8 déc, 2009 • Catégorie: Chroniques RCFImprimer cet article Imprimer cet article

EP: Bonjour Manuel Flam, aujourd’hui, pour votre seconde chronique, vous allez nous parler des élections régionales…Vous avez quelque chose en tête ?

MF : Oui Etienne, le sujet que j’aborde aujourd’hui est pour moi important. Samedi prochain, le Parti Socialiste, dont je suis le secrétaire dans la ville de Châteauroux, présentera à Tours ses listes aux élections régionales.

Cette présentation arrive 15 jours après que le Chef de l’Etat Nicolas Sarkozy ait lancé ses troupes UMP dans la bataille des régionales.

Avant même que la campagne ait débuté, je suis frappé de constater à quel point les méthodes choisies par les deux grands partis de gouvernement pour aborder ces élections sont différentes et donnent des indications sur ce qui va suivre.

EP : Pouvez-vous être un peu plus précis ?

MF : Eh bien pour l’UMP, les choses sont claires : choisir le Président de sa Région n’est pas une question locale, mais une question nationale. Le Chef de l’Etat a été très clair lorsqu’il a réunis ses troupes pour la convention nationale de l’UMP : les candidats de la droite devront d’abord défendre les réformes qui ont été mises en place par le Président de la République depuis 2007. Ils sont invités pendant ces élections à parler de l’immigration, de l’identité nationale, de la sécurité et du bouclier fiscal. Et ils sont priés de se mobiliser pour défendre les lois qui ont été portées par le Gouvernement Sarkozy.

EP : Et vous pensez que cette tactique n’est pas forcément la meilleure ?

MF : C’est le moins qu’on puisse dire. Je pense que cette approche est non seulement une faute mais qu’elle présente aussi un risque grave pour le Chef de l’Etat.

Pourquoi est-ce une faute ?

D’abord, parce que je ne crois pas que les élections régionales soient le moment pour parler de sujets tels que l’immigration ou l’identité nationale. Depuis les lois de décentralisation, les Régions ont des compétences renforcées en matière de développement économique, de formation, de transports. Ce sont des enjeux essentiels pour les habitants des régions. Il est important que les Français s’emparent de ces sujets dans chacune de leurs Régions. Et il est très grave qu’on souhaite occulter ces vrais débats en y substituant ceux relatifs à l’immigration ou à la sécurité, où les conseils régionaux n’ont aucune compétence, et où donc de toute façon, quelque soit ce qu’il sort de ces débats, aucune décision ne pourra être prise.

EP : Et pourquoi parlez-vous de risque grave pour le Chef de l’Etat ?

MF : Eh bien, si l’UMP perd les élections régionales, c’est le Chef de l’Etat lui-même qui est désavoué. Nicolas Sarkozy a en fait décidé de faire de ces élections régionales le tour préliminaire des élections présidentielles. Il a choisi de transformer ces élections en référendum pour ou contre lui. C’est un risque qu’il prend et c’est assez dangereux. Ceci dit, c’est un risque à bon compte, car si Nicolas Sarkozy perd ces élections, ce sont ses ministres qui ne seront pas élus Présidents de Région…lui restera Président de la République.

EP : Et le PS dans tout ça ? Votre approche est, vous dites, complètement différente ?

MF : C’est sur , les présidents de région socialistes ont les coudées franches pour faire leur campagne et Solferino les accompagnera mais ne leur dictera aucune ligne.

Je crois que cette stratégie repose sur une conviction et un constat.

La conviction des socialistes, c’est que les Régions françaises ne peuvent être dirigées de Paris : nous sommes pour la décentralisation et donc nous respectons nos leaders régionaux que nous voulons forts et indépendants.

Le constat que nous tirons ensuite, c’est que les bilans des Présidents de Région sortants, qui sont presque tous socialistes, sont globalement excellents. C’est peut-être d’ailleurs pour ça que la droite veut tirer le débat sur un plan national…c’est qu’elle n’a pas grand chose à dire au niveau local.

EP : Vous avez des exemples pour illustrer votre raisonnement ?

MF : Je crois que le meilleur exemple, c’est est encore chez nous. En Région Centre, c’est François Bonneau, l’actuel Président du Conseil Régional, qui conduira la liste des socialistes. Face à lui, il retrouvera pour l’UMP Herve Novelli, l’actuel Secrétaire d’Etat chargé du Commerce, de l’Artisanat et des PME.

Actuellement, vous avez pour l’UMP un Secrétaire d’Etat du gouvernement de Nicolas Sarkozy, qui fait campagne sur les réformes qu’il met en place à Paris – le régime de l’auto-entrepreneur, la baisse de la TVA dans la restauration, etc.. – et qui semble vouloir éviter les questions trop locales.

De l’autre côté, François Bonneau écume le territoire régional en menant un campagne participative de longue haleine. Son objectif est de faire naître son projet pour la Région en interrogeant d’abord les habitants.

C’est le national contre le local.

EP : Votre conclusion ?

Deux méthodes, deux visions de la politique : au final, ce sont les électeurs qui feront leurs choix . A l’école on m’a appris à répondre à la question qui m’était posée : ici, c’est quelle Region Centre souhaitez-vous construire dans les six prochaines années ? J’espère qu’on répondra à cette question au cours du débat à venir.

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