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Mais pourquoi Ozans ?

Par • 31 mai, 2010 • Catégorie: EditorialImprimer cet article Imprimer cet article

Rappelons-nous : il y a plus d’un an la décision de déplacer les militaires du 517ème Régiment à Bourges était entérinée. Depuis cette date, nous savons donc que le site de La Martinerie, qui a tout de même réussi à accueillir plusieurs milliers de militaires pendant des dizaines d’années, sera libre…et inutilisé. Le site va donc se vider progressivement, et se dégrader si personne ne le prend en charge.

La municipalité a bien reçu, pour compenser le départ du 517ème, quelques dédommagements, malheureusement très loin d’être à la hauteur des pertes engendrées par le départ de notre Régiment.

Avec cet argent, il est évident qu’il aurait fallu réhabiliter le site de La Martinerie et le reconvertir en une zone d’activité « civile » permettant d’accueillir, par exemple, des entreprises françaises ou chinoises. A La Martinerie, il y a déjà toutes les infrastructures ! Il y a également des logements pour accueillir des habitants, une piscine, etc…

Alors pourquoi  ? Pourquoi partir construire à partir de rien une zone d’activité à Ozans ?

Il faut tout de même rappeler qu’aujourd’hui, il n’y a rien, ou presque, à Ozans. D’ailleurs les fouilles archéologiques préventives, qui sont obligatoires pour installer des bâtiments industriels sur une zone, ont permis de découvrir les fondations d’une villa gallo-romaine dont les vestiges s’étendent sur 6 hectares – retardant un peu plus les travaux – alors que dans le même temps, des camions, et pas les moindres, peuvent déjà circuler sur le site de La Martinerie, puisque tout est déjà là !

Ce projet est un gouffre financier dont les résultats sont terriblement incertains. Le maire de Châteauroux parle de 4.000 emplois – il y a un an, lors de l’annonce du projet d’Ozans, il parlait de 5.000 emplois, on espère ne pas perdre 1.000 emplois par an car sinon, il risque de ne plus rester grand chose une fois le site achevé – mais quelles sont exactement les entreprises qui vont venir s’installer à Ozans ?

On nous parle sans cesse des Chinois, on nous explique qu’ils sont les nouveaux américains, qu’ils ont de grands projets industriels pour l’Indre, mais peut-on clairement nous dire quels emplois seront créés et par quelles types d’entreprises ?

Au final, les seuls qui sont certains de leur sort concernant Ozans, ce sont les agriculteurs qui n’avaient rien demandé à personne et qui vont se faire exproprier pour permettre la réalisation de ce projet.clip_image002

Le projet sur Ozans est l’exemple parfait d’une politique de développement économique vouée à l’échec. Car avant de s’engager dans des dépenses publiques inconsidérées, il faut d’abord boucler un projet avec les entreprises et identifier leurs besoins.

Ensuite, et seulement ensuite, il faut mettre de l’argent public sur la table pour renforcer l’attractivité d’une zone. Mais procéder à des investissements publics aussi importants sans garantie que les entreprises seront bien là, et que les emplois seront créés est tout simplement irresponsable.

Au lieu de se lancer à la hussarde en promettant monts et merveilles et en investissant massivement de l’argent public dans un projet qui sera bientôt un bourbier, il aurait mieux fallu préparer le dossier du développement économique de la CAC avec sérieux.

Mais on sait que ce n’est pas la principale qualité de cette municipalité et on ne peut aujourd’hui que le déplorer.

Manuel Flam

Premier secrétaire de la section

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3 Réponses »

  1. « (…) D’ailleurs les fouilles archéologiques préventives, qui sont obligatoires pour installer des bâtiments industriels sur une zone, ont permis de découvrir les fondations d’une villa gallo-romaine dont les vestiges s’étendent sur 6 hectares – retardant un peu plus les travaux (…) »

    Le bonsoir à monsieur Flam ainsi qu’aux lecteurs qui liront ces lignes. Je me permets de consacrer quelques mots électroniques à ce petit extrait concernant le diagnostic archéologique d’Ozans que j’ai l’honneur de diriger. L’archéologie ne retarde pas les travaux d’aménagement de la ZAC, nous intervenons toujours en amont des travaux de viabilisation, préambule obligatoire à l’installation des entreprises. Depuis le démarrage de cette opération -qui est le plus grand diagnostic archéologique de la région- nous respectons scrupuleusement le calendrier de l’aménageur, la CAC36 pour ce dossier. Nous avons même rendu l’un des 4 rapports avec 1 mois d’avance sur la date prévue.

    Les légendes urbaines sont tenaces, l’ Inrap (Institut National de Recherches Archéologiques Préventives) ne doit pas être mêlé aux polémiques d’Ozans.

    Bien cordialement

    Matthieu Munos

  2. Bonjour M.Munos,
    Les diagnostics archéologiques s’inscrivent bien sur dans le calendrier des travaux de la CAC, mais la question posée dans l’article n’est pas là : elle porte sur le choix d’Ozans en comparaison avec celui de La Martinerie.
    D’ailleurs il ne faut pas sortir la réflexion sur les travaux archéologiques du contexte de l’article, et ne pas enlever la fin de la phrase : « alors que dans le même temps, des camions, et pas les moindres, peuvent déjà circuler sur le site de La Martinerie, puisque tout est déjà là ».
    Pour préciser ma pensée j’aurais également pu écrire : « allongeant un peu plus les délais d’aménagement d’une zone qui n’a jamais eu vocation à devenir un site industriel ».
    Encore une fois, la question est « Pourquoi Ozans? ». Des fouilles archéologiques auraient-ils été nécessaires sur le site de La Martinerie? Pourquoi toute cette opération d’aménagement à partir de rien alors qu’un site utilisable immédiatement va être laissé à l’abandon?
    Bien cordialement
    Manuel FLAM

  3. Les recherches de l’INRAP sur le site d’Ozans sont sans conteste indispensables, en ce qu’elles permettront, je l’espère, d’exhumer de riches vestiges gallo-romains (ce qui enrichira au passage les collections d’Argentomagus).
    A ce titre, il faut bien admettre que le projet de Monsieur Mayet – de créer ex nihilo une zone d’activités – fut finalement une riche idée. Toutefois, je ne suis pas sûr que l’objectif final de l’intéressé était de faire avancer la découverte archéologique en France.
    Alors effectivement, il faut se poser la question de l’opportunité économique de ce nouveau projet de développement.
    Créer, en plein milieu des champs, une ZAC de 400 hectares qui va nécessiter pour son aménagement pas moins de 25 millions d’euros d’investissement alors même que l’Etat s’apprête à céder pour un euro symbolique, 375 d’hectares de terrain déjà aménagé (le site du 517ème RT), forcément cela interpelle !
    D’autant qu’aujourd’hui la France est au bord du gouffre : l’endettement public y est record et chaque matin, on explique aux Français qu’il va leur falloir faire toujours plus d’efforts, austérité oblige !
    Mais cela, Monsieur le Sénateur-Maire n’est pas prêt à l’entendre. Châteauroux aura donc sa ZAC à Ozans, et ce quelqu’en soit le coût politique et financier pour les castelroussins.

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